GASPÉSIE

Road trip entre terre et fleuve (1ère partie)

Été 2020. À la sortie du confinement montréalais, nous avons le goût d'aventures nouvelles et de grands espaces, de nature foisonnante et de découvertes. La Covid-19 et toutes les restrictions qu'elle entraîne nous invitent à prendre la route, direction : la Gaspésie. Un road trip inoubliable au goût de liberté sur les routes québécoises.

1BDF6534-D964-4198-B350-0DD97F8303B5-116

JOUR 1

À bord de Beck, le van que nous avons loué à un gentil couple vers Mont-Tremblant (qu'ils ont depuis vendu), nous partons de Montréal le coeur gonflé de joie. Nous nous arrêtons à notre première étape dans le bas-du-fleuve, Kamouraska. Un joli village au bord du St-Laurent, qui nous charme par sa quiétude, ses maisons qui longent les chemins entre terre et - presque - mer, et son phare iconique. Après une pause sucrée à la chocolaterie La Fée gourmande, nous arrêtons à la Microbrasserie Tête d'Allumette entre le village et le phare pour déguster notre première bière les pieds - presque - dans l'eau.

Nous reprenons la route, cette fois-ci pour trouver un endroit où dormir. J'avais téléchargé avant de partir iOverlander, une application participative où sont répertoriés tous les lieux légaux et gratuits pour passer la nuit. Nous nous arrêtons face au fleuve, sur un petit parking accueillant déjà 5 vans et voitures dans une ambiance paisible. Nous profitons d'un superbe coucher de Soleil avant de préparer le dîner.

FCD26B74-2CE1-44A4-8CFB-5A81257A57AA-515

JOUR 2

Nous prenons le temps de préparer un petit-déjeuner nourrissant avec le fleuve pour tout horizon avant de partir pour notre prochaine étape :

le Parc national du Bic. Bien plus qu'une surprise, le Bic fut un coup de coeur nous transportant dans un univers mystique, bercé par la brume jouant dans le paysage et les algues traçant des lignes éphémères à marée basse sur le sable encore humide et les rochers salés. Nous avons arpenté le parc à travers Le Tour Cap-à-l'Orignal, une randonnée nous permettant de circuler au pied d'une impressionnante falaise côtière et de nous imprégner de l'estuaire (veillez à consulter l'horaire des marées, elle n'est accessible qu'à marrée basse).

Après avoir terminé cette belle randonnée - comptez entre 2 et 3 heures selon vos arrêts pour admirer les vues - nous prenons le volant direction l'autre entrée du parc, pour rejoindre l'île aux Amours, une courte balade (à effectuer toujours à marée basse) empreinte d'une atmosphère paisible. Nous allons ensuite à la Pointe aux Épinettes dans l'espoir d'apercevoir des phoques près du rivage, un vain. Nous nous promettons d'y retourner le lendemain aux aurores pour essayer de les observer dans le calme du matin.

 

Nous retournons à l'accueil du parc, où nous profitons de l'accès aux douches (même si vous ne dormez pas dans les parcs de la Sépaq, vous pouvez avoir accès aux douches ; comptez environ 1$ pour 4 minutes). Nous reprenons le van, direction le coucher de Soleil. Nous nous arrêtons un instant pour admirer le feu d'artifice de couleurs annonçant l'approche de la nuit, avant de rejoindre le parking du petit théâtre en face du Bic pour y passer la nuit.

696274D9-F1AB-42DC-AF0B-2299A8D9C91E-244

JOUR 3

Levés en même temps que le jour, nous décidons de partir directement au Bic. Arrivés à proximité de la Pointe aux Épinettes, nous observons de nos yeux encore endormis quelques masses sombres sur les rochers, à proximité de la plage... nous en voyons deux, puis trois puis... des dizaines de phoques se reposant hors de l'eau ! Le sourire aux lèvres, nous courrons presque hors du van pour les voir de plus près. Nous sommes seuls face à ce spectacle unique, réunissant tous les éléments dans une beauté brute qui frappe le souffle. La brume révèle des îles perchées au milieu de l'eau très basse à ce moment de la journée, le Soleil s'y reflétant timidement. Le chant des phoques nous transporte et nous restons muets pendant de longues minutes. Quelques familles arrivent en douceur ; la pluie et nos estomacs vides nous indiquent qu'il est temps de petit-déjeuner au chaud.

La pluie nous suivra toute la journée. En prenant la route vers Métis, nous nous arrêtons au Centre d'Art Marcel Gagnon où nous pouvons entrer dans l'univers de l'artiste directement sur la plage. Nous nous octroyons une pause-sieste près du fleuve en attendant que la pluie cesse, puis allons déjeuner au restaurant Capitaine Homard non loin (notre première guédille fut délicieuse !).

13h. Nous décidons d'aller aux Jardins de Métis pour finir la journée en beauté. Nous avions beaucoup entendu parler de ces jardins au bord du St-Laurent mais n'estimions pas à quel point ils allaient nous éblouir. Les centaines de variétés de fleurs nous entraînent dans un paradis végétal où la poésie se mêle à la nature ; mon coup de coeur revient à leur potager de fleurs 100% comestibles, qui nous a bien inspirés tant par leur beauté que pour des futures recettes. Nous avons eu de la chance : la pluie a du démotiver bon nombre de personnes, aussi étions-nous seuls dans ce paradis. À la fin de la balade, nous avons pu explorer les Jardins contemporains, un havre de paix et de créativité.

Nous y restons jusqu'à la fermeture, nous délectons de chaque minutes dans les Jardins de Métis avant de reprendre la route, direction : notre endroit pour la nuit. Nous repérons une place juste à la sortie des Jardins et allons y jeter un oeil. Nous avons le nécessaire pour préparer un dîner de chefs le soir-même (qui se résume en de délicieux ceviches de crevettes accompagnés d'une bonne salade). Arrivés sur les lieux, des vans sont déjà stationnés face à l'eau, dans un calme paisible qui nous enveloppe. Nous garons Beck entre deux voitures et faisons connaissance d'un charmant couple vagabondant comme nous sur les routes québécoises.

JOUR 4

Nous nous réveillons face à la brume. Quelques oiseaux matinaux viennent rompre le silence autour de nous. Nous préparons un bon petit-déjeuner, commençant la journée en douceur et lenteur. Aujourd'hui, nous avons de longues heures de route devant nous : environ 4 heures à travers la vallée de la Matapédia pour rejoindre Bonaventure, dans la Baie-des-Chaleurs.

34FF4DDF-7DD3-4096-A195-ED6AFF9DAE3E-116

Sur le chemin, nous passons par un pont en bois couvert vraiment charmant : le pont de Routhierville, l'un des plus petits villages québécois. Il y est indiqué qu'une galerie d'art se loge non loin, aussi y allons-nous. Nous rencontrons le mari de l'artiste (Catherine Perdreau) qui nous fait découvrir les oeuvres uniques de sa femme et leur vie palpitante. Nous passons près d'une heure à discuter, à nous émerveiller face à ses histoires et ses rêves encore présents malgré son grand âge ; du haut de ses 86 ans, il rêve de faire le tour du monde en voilier... et a même un énorme livre d'époque sur la navigation, à son chevet.

Vers 16h, nous arrivons à Bonaventure. Le beau temps est au rendez-vous, aussi allons-nous profiter des doux rayons du soleil pour admirer la clarté de la rivière à la plage du Malin (après un arrêt à la Poissonnerie Louis Poirier pour faire le plein de crevettes fraîches et autres délices marins). L'eau est cristalline et gelée mais nous tentons tout de même de nous baigner entre deux kayaks. Le soir, nous avons réservé un emplacement de camping à Cime Aventures, parce que nous devons nous présenter à l'accueil vers 7 h le lendemain pour une sortie sur la rivière. En toute honnêteté, nous avons été un peu déçus par l'endroit, contrastant avec les autres lieux paisibles dans lesquels nous passons de douces nuits depuis le début de notre aventure.

Le coin des VR et camping-cars est bondé de véhicules les uns à côté des autres et le camping ressemble beaucoup à un centre d'attraction (dans l'ambiance, seulement). Les douches (payantes, malgré le fait que l'on ait déjà payé l'emplacement), éviers de vaisselle et toilettes sont assez sales malheureusement. La pluie n'arrange rien au décor, mais nous nous adaptons. Nous ouvrons le auvent du van, sortons le tapis extérieur et nous préparons des tacos délicieux pour réchauffer nos cœurs. J'en profite même pour faire un peu de yoga tout doux dans le van.

JOUR 5

6h. Nous sommes réveillés par une pluie battante. Nous décidons d'accepter la météo et d'accueillir la journée dans le rire, aussi nous préparons-nous à la hâte pour notre journée de kayak sur la rivière Bonaventure : ce n'est pas une grosse averse qui va nous faire reculer ! Nous nous présentons à l'heure convenue avec une quarantaine d'autres personnes. Je ne vais pas vous faire patienter plus longtemps : tout commence à empirer à partir de ce moment-là. La gérante de Cimes Aventure nous accueille en nous disant que nous sommes trop mal habillés pour la pluie, en nous sommant de louer des combinaisons thermiques. Nous ne sommes pas frileux et plutôt bien couverts, je ne loue que des chaussures d'eau pour les points de portage, ainsi qu'un bidon imperméable. Covid oblige, nous devons garder nos distances et masques lors de la vidéo de consignes et sécurité, puis dans la navette nous emmenant au point de départ (à 45 minutes). Arrivés là-bas, un orage violent frappe ; nous nous retrouvons au coeur des éclairs et voyons la foudre tomber dans la rivière à quelques mètres de nous.


Malgré cela, l'employé de Cimes Aventures nous fait descendre du bus et sortir nos embarcations, les pieds dans l'eau. Après que plusieurs personnes lui aient dit que c'était assez dangereux, il nous fait tous remonter à la hâte, ne sachant trop que faire. Nous sommes tou.te.s entassé.e.s au bord de la rivière et le chauffeur du bus refuse de nous faire attendre à l'intérieur : nous sommes averti.e.s que si nous souhaitons annuler, nous devons le faire dans les 5 minutes et ramener nos kayaks immédiatement, la navette devant repartir pour aller chercher un autre groupe. Deux amies françaises et nous décidons de faire demi-tour, malgré nous. Nous ne nous voyons pas profiter de la journée sous les orages, dans l'eau. Après encore 45 minutes de route, nous allons à l'accueil pour demander d'annuler cette sortie - nous ne pouvons pas reporter, ne restant pas sur place.


Là, aucun ajustement n'est possible. De nombreuses personnes demandent à se faire rembourser, en vain. La gérante nous explique encore que nous sommes trop mal habillés pour le kayak (c'est donc à cause de cela que nous avons annulé...), que les jours de pluie sont les meilleurs pour profiter de la rivière et de ses atouts... Sa mauvaise foi nous hérisse le poil, mais nous gardons notre bonne humeur malgré tout. Après 40 minutes de discussion sous la pluie, nous avons droit à un billet sur les 2 de remboursé.


Nous reprenons le van, direction un bon petit-déjeuner et Percé. Nous sommes charmés par ce petit village, sa rue principale animée et son rocher mythique. Nous passons le reste de la journée à nous balader à la recherche du meilleur point de vue pour admirer le Rocher Percé.