• Salomé

Commencer et développer sa pratique personnelle

À l’heure à laquelle je vous écris, plus de la moitié du Monde est en confinement. Tout est mis sur pause et le temps nous est donné en cadeau comme jamais auparavant. Je m’estime incroyablement chanceuse de pouvoir vivre cette période dans la douceur et la sérénité et je suis infiniment reconnaissante envers toutes les belles âmes qui travaillent, sauvent des vies, veillent et se démènent pour que nous puissions à nouveau goûter aux simples plaisirs d’un quotidien libre.


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Aujourd’hui, je désire vous parler de notre pratique personnelle en Yoga. Parce que le yoga est une discipline, un art de vivre tellement riche, que nous pouvons le vivre sur et en dehors de notre tapis, à l’occasion de cours en groupe ou dans l’intimité de notre chez-nous. Tout est question d’équilibre, de discipline, d’engagement envers soi et d’amour - et, sans s’en apercevoir, nous pratiquons également les Yamas et Niyamas.


Je vais partager avec vous de mon expérience personnelle, mes questionnements et mes découvertes pour vous éclairer à ma manière sur le sujet.


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AVANT LE YOGA : MON EXPÉRIENCE PERSONNELLE


Mon enfance et mon adolescence ont été rythmées par de nombreuses années de gymnastique sportive, un sport qui m’a fait découvrir mon corps et ses capacités très tôt mais qui m’a aussi appris à le contraindre et à le voir comme une machine plutôt qu’un allié. À mes 16 ans, j’arrête définitivement la gym et le sport par la même occasion, pendant deux années - le trop est souvent l’ami du rien.


En 2014, le début de mes études me pousse à prendre soin de mon corps que j’avais quelque peu délaissé. Je commence des recherches d’activités qui pourraient me faire autant bien physiquement et mentalement ; je me tourne d’abord vers la danse contemporaine, et je me rencontre à nouveau : les mouvements, l’intuition, le contact avec d’autres corps, la créativité par le geste m’émeuvent et me montrent qu’il y a d’autres - nombreuses - manières de se vivre.

Curieuse, je décide alors d’essayer le yoga en parallèle de la danse.


Au fil de ma pratique, cet équilibre corporel s’est transformé en bien-être mental et spirituel. Ma pratique est passée d’un passe-temps où je m’amusais à lancer des défis à mon propre corps, à un désir, un besoin d’approfondir ma relation esprit-corps et de cultiver ma conscience. Encore peu mature et disciplinée, ce désir est resté en suspens jusqu’en 2017 et mon premier hiver à Montréal. En transition entre deux permis de travail, je restais le plus clair de mon temps à la maison; je connaissais encore très peu de personnes dans ma nouvelle ville, mes finances étaient très minces et le froid glacial dehors ont créé autour de tout mon être un malaise : physique, moral, mental.


COMMENCER SA PRATIQUE PERSONNELLE

C’est là (enfin) que ma pratique personnelle est née, comme un perce-neige en plein mois de février. Internet et la BanQ ont été mes meilleurs amis pour commencer. Je me suis d’abord mise à lire deux livres qui ont été de véritables révélations qui résonnent encore aujourd’hui : La Bible du yoga de Belur Krishnamacharya Sundarara Iyengar et Les Sept lois spirituelles du yoga, par Deepak Chopra.

Comment commencer à instaurer une pratique personnelle ?

Il n’y a pas de recette magique : il faut du temps pour ancrer de nouvelles habitudes dans son quotidien. À mes yeux, débuter sa pratique personnelle se résume en quatre actions :

(S')AUTORISER, OSER, (S’)AIMER, PATIENTER


- (S’)AUTORISER -


Débuter sa pratique personnelle commence par un accord que l’on se fait de soi à soi. On se donne un premier souffle, on s’autorise à explorer, à commencer cette nouvelle aventure, et l’on accepte également notre vulnérabilité.


Autorisons-nous à (nous) vivre !



Dans les faits, nous pouvons créer un rituel qui fera débuter cette nouvelle période. Par exemple, j’aime particulièrement la nouvelle lune, allégorie des rêves à matérialiser, période du « tout possible ». Pendant cette phase lunaire, le Soleil et la Lune s’alignent et se fondent. Les énergies insufflées par la lune, invisible à nos yeux, sont calmes, introspectives, enclines à la planification et à la méditation. Communier ainsi avec l’Univers nous lie à plus grand que nous, nous permet d’aller plus loin dans nous-mêmes tout en augmentant notre conscience que nous faisons partie d’un tout bien plus grand que notre corps physique. Le jour d’une nouvelle lune est propice à l’élaboration de nos intentions personnelles. Votre rituel peut prendre la forme que vous souhaitez, tant qu’il reste à votre image : un bain chaud aux effluves douces, un temps d’écriture intuitive à la lueur d’une bougie, une méditation qui fait du bien… Sachez néanmoins qu’exprimer vos objectifs à voix haute amplifie leur pouvoir réalisateur et vous permet d’y voir plus clair dans vos intentions.


- OSER -

Une fois que nous « signons » notre pacte envers nous-mêmes, il ne nous reste plus qu’à nous lancer. Après le premier souffle arrive le premier pas. Oser, c’est être conscient.e.s que nous sommes notre propre limite et que nos actions ne dépendent que de nous. C’est admettre que nous avons le pouvoir de créer de la magie ou de l’attendre à jamais. En osant, nous libérons notre pouvoir créateur, nous faisons naître une lumière dans notre coeur qui illumine tout notre Être. Nous (nous) réalisons.


La pratique personnelle a ça de positif par rapport à la pratique en groupe qu’elle nous soulage du poids de la comparaison et de la gêne. À l’abri du monde, nous sommes libres d’essayer, de nous tromper, de recommencer, sans oublier d’en rire. Ma maman dit toujours que lorsqu’il y a de la gêne, le plaisir disparaît - et c’est d’autant plus vrai lors de notre pratique en yoga. C’est un bon entraînement pour s’accepter davantage, à nos yeux puis sous le regard d’autrui. Alors, qu’attendez-vous pour oser ? Pour vous habiter davantage ?


- (S’)AIMER -

Tout naturellement, Ahimsa, le premier des Yamas, signifiant à la fois la non-violence et l’amour, prend sa place ici. L’Amour sous toutes ses facettes transforme notre pratique en véritable expérience, une aventure au coeur de nous. Veillez à cultiver la bienveillance envers vous, à reconnaître vos faiblesses et limites et à les honorer en ne forçant / blâmant pas votre corps.


Comme un bourgeon fragile, protégez votre mental de votre ego et aidez-le à s’épanouir. Observez les activités de votre ego qui vous tirent vers le bas : la comparaison (avec les autres mais aussi avec vous-même), la pensée négative, l’accusation… sont des mécanismes ancrés dans nos modes de pensées, qui nous empêchent d’avancer. Entre l’amour et la peur, il n’y a qu’un pas ; il ne tient qu’à nous de faire des choix basés sur l’amour plutôt que des décisions influencées par nos peurs.


- PATIENTER -

Voici ma dernière clef dans ce parcours personnel : la patience. Qui détient cette faculté d’accepter le temps nécessaire se donne les moyens d’avancer. De nos jours, la patience se perd peu à peu tant tout est à portée de main : l’information, une nouvelle robe, un voyage… Mais la transformation du corps et de l’esprit demandent cet ingrédient subtil qu’est la patience pour habiter totalement l’Être sur le long terme.


Donnez-vous plusieurs objectifs réalisables au lieu d’un seul but trop lourd à porter. Des petites récompenses, quotidiennes, hebdomadaires, qui vous donneront foi en vous et qui vous garderont motivé.e.s dans votre processus : pratiquer une heure de yoga une fois par semaine, puis deux fois, puis trois fois…, lire un ouvrage sacré, écouter un podcast chaque samedi, créer un rituel en accord avec le cycle lunaire ou votre cycle féminin… sont des exemples de TAPAS, l’un des 5 Niyamas, qui vous feront grandir dans votre vie de yogi.ni.

Namaste, Salomé