• Salomé

Zoom sur... le Psoas, le muscle de l'âme

Dernière mise à jour : 6 mai 2020

Le Psoas est le muscle le plus plus profond de notre corps. En général moins connu que d’autres muscles « visibles », il a un impact direct sur la mobilité de nos articulations, l’équilibre de notre tronc et notre soupless, entre autres. Par exemple, c’est le Psoas qui permet la flexion des cuisses vers le bassin lorsque l’on marche. Mais son rôle dépasse aussi la seule fonction mécanique.


Illustration © Cate Edwards

SITUONS LE PSOAS


Le Psoas est un muscle allongé et fusiforme. C’est le seul muscle qui relie nos jambes à notre colonne vertébrale. Il commence à partir de la vertèbre dorsale (thoracique) T12, passe par les cinq vertèbres lombaires et s’insère dans le fémur au niveau du trochanter.



Voici une vidéo issue de l’Université Lyon 1 (France) à propos du Psoas :



LE MUSCLE DE L’ÂME


Le Psoas est appelé le « muscle de l’âme » ; un nom poétique qui invite à en apprendre davantage.


Ce muscle est indirectement relié au cerveau reptilien, le siège de nos émotions primaires et comportements stéréotypés instinctifs de conservation. Le cerveau reptilien régule les besoins fondamentaux et, d’une manière générale, les activités du corps qui échappent à notre conscience : la respiration, la digestion, l’activité cardiaque, la pression artérielle, etc. Liz Koch, auteure du livre Le Psoas, parle ainsi de ce cerveau : « Bien avant la parole ou de la capacité d'organisation du cortex développé, le cerveau reptilien, connu pour ses instincts de survie, a maintenu le fonctionnement de notre base essentielle ».



Il existe également un connexion entre le Psoas et le diaphragme, qui se fixent tous deux sur le devant des vertèbres lombaires par un tissu conjonctif (ou fasciae). Ce lien direct affecte notre respiration et nos réflexes de peur.



Sur le plan énergétique, le Psoas circule aux niveaux des trois premiers chakras et est fortement lié à Muladhara, notre chakra racine.


Vous l’aurez compris : du fait de sa position unique dans notre corps, le Psoas a des effets sur notre bien-être physique mais aussi plus profondément sur nos corps subtils.


LES CONSÉQUENCES DE NOS MODES DE VIE SUR SON BON FONCTIONNEMENT


Un Psoas trop contracté limite l’amplitude des mouvements, déclare des douleurs lombaires, au niveau des genoux et des hanches, perturbe tout le système digestif, le fonctionnement de notre vessie et de nos organes reproducteurs.



NOTRE STYLE DE VIE

Liz Koch évoque les effets néfastes de notre style de vie moderne sur le Psoas : les vêtements serrés, les positions assises sur de longs laps de temps, les chaussures qui faussent notre posture, les mouvements naturels limités, l’adrénaline de notre système nerveux fortement sollicité par notre quotidien… Tout cela déclenche et resserre de manière chronique notre psoas, le rendant littéralement prêt à nous faire fuir et à courir. Le Psoas nous aide à entrer rapidement dans l’action, mais également à nous replier pour nous protéger. Chez les personnes âgées, il en résulte une flexion du tronc vers l’avant, leur donnant le dos arrondi et nécessitant le port d’une canne pour avancer.


Source © Unsplash

Son emplacement proche du côlon lui attribue une tendance à s’engorger facilement du surplus de toxines provenant du tube digestif. Ces toxines le contractent et le raccourcissent ; le psoas tire alors en permanence sur les lombaires - une raison de plus de favoriser une saine alimentation : notre corps est un temple, en connexion permanente avec tout ce qu’il ingère à l’extérieur comme à l’intérieur !


« La façon dont nous vivons aujourd'hui, se précipitant en permanence, la compétition et la réalisation, a psoas dans un état constant de combat ou fuite » - Liz Koch


LE STRESS ET LA PEUR

Dû à son lien avec le cerveau reptilien, le Psoas réagit énormément au stress émotionnel et à la peur.

Inhérent à notre mode de vie depuis notre naissance, le stress chronique est le constructeur principal des maux du Psoas. Un Psoas serré ne constitue pas uniquement des problèmes structurels : il contracte les organes, exerce une pression sur les nerfs, interfère avec le mouvement des fluides et entraves la respiration diaphragmatique.


Source © Unsplash

Lorsque l’on est dans un état de stress ou que l’on ressent de la peur, même inconsciemment, nous contractons notre Psoas. Aujourd’hui, le stress est devenu malheureusement le compagnon de route de beaucoup d’entre nous ; Koch explique que « le Psoas est si intimement impliqué dans de telles réactions physiques et émotionnelles fondamentales qu'un psoas chroniquement resserré signale continuellement à votre corps que vous êtes en danger, finissant par épuiser les glandes surrénales et appauvrir le système immunitaire ».


Lorsque vous ressentez le stress ou la peur s’emparer de vous, essayez de relâcher le Psoas : vous apaiserez dès lors les tensions et retrouverez le contrôle à travers le lâcher-prise.


UN PSOAS EN BONNE SANTÉ


Toujours selon Koch, le premier pas pour développer plus d’aisance au niveau de son Psoas (et, de fait, dans beaucoup de parties de notre corps) consiste à libérer les tensions. Travailler avec le Psoas, ce n’est pas le contrôler, mais « cultiver la conscience nécessaire pour capter ses messages. Cela implique de faire un choix conscient de devenir somatiquement conscient ».


Un Psoas décontracté est l’allégorie d’un Être créatif et joueur. Selon Koch, cultiver un Psoas en bonne santé fait circuler librement les énergies vitales dans notre corps et nous connecte davantage à nous-mêmes et à l’Univers. Un Psoas libre nous fait sentir plus proches de la Terre, connecté.e.s à notre planète. Cela nous aide également à stabiliser notre énergie pranique (l’énergie vitale, forte, montante en nous), nous rendant libres, revitalitsé.e.s.


En Yoga, les asanas permettent de « scanner » notre corps et d’observer l’amplitude et la détente de notre Psoas, notamment dans des postures comme le Pigeon - Kapothasana ou l’Arbre - Vrikshâsana. Des douleurs / gênes dans le bas du dos ou les genoux indiquent que le Psoas est sûrement trop contracté. En général, toutes les ouvertures de hanches sont bonnes pour détendre le Psoas - n’oubliez pas d’inclure des postures de fermeture de hanches, comme la vache - Gomukhasana, afin de conserver un équilibre.


Voici quelques postures que je vous recommande :


Croissant de lune - Anjaneyasana

Dans le croissant de lune, conservez les hanches droites - la hanche de la jambes à l’arrière aura tendance à aller en ouverture. Pour plus de stabilité, les orteils du pied arrière sont engagés dans le sol, le genou de la jambe avant est plié et forme un angle de 90 degrés avec la cheville avant. Si votre genou avance au-delà de votre cheville, reculez la jambe arrière :) les doigts peuvent rester ancrés au sol, le dos droit dans le prolongement de la jambe arrière, ou bien pour la posture complète vos bras se lèvent au ciel, tendus. Le regard fixe l’avant ou le ciel.






Arbre - Vrkshâsana

Posture d’équilibre par excellence, l’Arbre est un très bon exercice pour déterminer l’état de votre Psoas : un Psoas trop contracté empêchera votre jambe de s’ouvrir et de s’épanouir dans la pose. La jambe d’appui est forte, ancrée dans le sol, comme si des racines partaient de la plante de votre pied pour venir puiser loin dans la terre. La jambe est tendue, stabilisant tout le haut de votre corps. Le pied qui va se lever peut d’abord rester plante contre l’intérieur de votre cheville d’appui, ou bien contre votre mollet, puis enfin, contre l’intérieur de votre cuisse - ne vous appuyez jamais sur les articulations du genou. les mains sont en prière devant votre coeur ou bien vers le ciel, bras tendus. Le regard est fixe vers l’avant ou le ciel. Et le sourire aux lèvres.



Pigeon ou demi-pigeon - Eka Pada Kapothasana ou Ardha Kapothasana

Depuis la posture à quatre points d’ancrages, placez un de vos genoux (prenons le genou droit) à hauteur du poignet droit. L’extérieur du tibia de votre jambe droite à est posé sur le sol en diagonale. La jambe gauche va venir se tendre à l’arrière du tapis, la fesse gauche vers le sol. Afin de conserver une jambe forte et tendue à l’arrière, engagez vos orteils gauches.














Si vos hanches sont très loin du sol, n'hésitez pas à placer un bloc, une couverture ou un gros livre sous vos fesses. Votre buste est droit ou, si votre souplesse le permet, vient se poser sur votre cuisse à l'avant, vos bras tendus vers l'avant.








Tigre - Vyaghrasana

Depuis la position à 4 points d’ancrage, inspirez en creusant le dos ; Soulevez une jambe à l’arrière et dirigez le regard au ciel. Le genou se plie et la plante du pied se dirige vers l’arrière de la tête. En expirant, le dos s’arrondit et le genou levé se dirige vers le front.


Pêne - Parighasana

En assise sur les tibias, les cuisses sont perpendiculaires au sol et le dessus des pieds est déposé. Le dos est vertical, le coccyx vers l’avant. Étirez une jambe sur le côté, pied bien à plat un peu ouvert vers l’extérieur. Veillez à ce que son bord externe soit bien ancré. Conservez votre bassin de face, carré. Votre main du côté de votre jambe tendue sur le côté vient s’appuyer sur le tibia ou la cuisse, et le bras opposé vient s’ouvrir sur le côté jusqu’à ce que votre tronc s’étire vers la jambe tendue. Le regard est de face ou vers le ciel. Pour quitter la posture, grandissez-vous et revenez en inspirant. La jambe tendue vient se plier au même niveau que l’autre jambe, le tronc reste droit.






Posture de libération des vents au sol - Pavanamuktasana

Allongé.e.s par terre sur le dos, les jambes tendues, inspirez et expirez en amenant un genou à votre poitrine. Entourez votre jambe de vos mains / bras, comme un câlin. Pour un étirement plus intense, attraper le coude de l’autre bras au dessus de la jambe. Sinon, liez simplement vos doigts entre eux. Si vous le souhaitez, remontez votre tête et essayer de faire communiquer votre front et votre genou. Respirez avec votre abdomen puis en expirant, changez de jambe.









Voici deux vidéos qui favorisent l'étirement du Psoas :

Yoga Fire by Jo (en français)

Yoga with Adrienne (en anglais)


Le Psoas est un muscle souvent sous-estimé, qui a un impact énorme sur notre santé physique et mentale. Agissant en spirale et étant intimement connecté à nos émotions, ce muscle est notre échelle d’évaluation du stress qui nous habite et peut s’avérer être le libérateur de nos tensions.


Merci à Renaud Duguay-Lefebvre, ostéopathe et intervenant lors de ma formation professorale à Yoga Sangha, pour nous avoir fait (re)découvrir le Psoas et autres richesses de l'anatomie.


Namaste,

Salomé