• Salomé

Yoga Sutra de Patanjali \ mon résumé, Livres III et I

LIVRE III - VIBHUTI PADA



Vibhuti (de vibhu : se manifester, être capable) signifie développement, manifestation de force, puissance, résultat heureux, succès. Ce troisième chapitre décrit ainsi l’état heureux, les manifestations de puissance et d’énergie étant le résultat d’un mental déconditionné. De nouveaux aspects de la vie s’offrent à nous.


Patanjali commence ce livre en nous livrant le trois derniers Angas (membres) pour atteindre le but du Yoga : Dharana, “relation d’attention du mental à un secteur déterminé” - un état de concentration et d’attention impliquant une relation sujet-objet ; Dhyana, “le fait de maintenir une attention exclusive sur un seul point” - la méditation, la conscience profonde rayant la relation mais conservant le sujet et l’objet ; Samādhi, “quand la conscience est en relation avec cela même qui n’a pas de forme” - l’état d’unité, où le sujet et l’objet ont disparu.


Lorsque l’on maîtrise ces trois Angas, nous accédons au Samyama, qui est à la fois l’usage et la conséquence de la méditation. Le Samyama nous permet d’accéder à des sphères quasi insondables pour nous, occidentaux ancrés dans une vie cartésienne et non spirituelle : l’appartenance à l’Univers, caractéristique du Samyama, offre le pouvoir de comprendre des langues inconnues (ou bien, une même langue mais comprendre l’autre dans sa subjectivité), d’avoir la connaissance des différentes existences de notre Être, de percer les pensées des autres, d’accéder à la connaissance du passé et du futur, pour résumer.


LIVRE IV - KAÏVALYA PADA



Une fois tous ces pouvoirs exposés par Patanjali, le livre III finit en appuyant sur l’importance de renoncer à ces pouvoirs. Pourquoi ? Parce que, même s’ils sont les conséquences naturelles du Yoga, ils ne sont pas le but recherché. Ce renoncement nous permet de connaître Kaïvalya, la délivrance des vicissitudes de la condition humaine, la liberté suprême. Ce quatrième et dernier chapitre conclut le traité en passant de l’état de dualité à l’unité, et reprend les trois chapitres précédents en approfondissant la pensée.


Dans ce livre, une attention toute particulière est portée à la loi du Karma : l’acte juste (être en Yoga) a la volonté de rester neutre. Il ne doit pas se charger de Karma, même favorablement. Le Sutra IV.23 souligne que “le mental coloré par le Soi devient conscience totale”, c’est-à-dire que pour atteindre cette conscience totale il faut que le Soi et notre mental s’unissent pour ne former qu’un ; le mental étant limité, il ne peut pas accéder à la réalité et même la Buddhi, intelligence subtile, affinée, fait encore partie de la matière et n’est qu’une étape avant d’atteindre la conscience profonde, seul témoin silencieux de la réalité. Patanjali rappelle également ici l’importance de la discrimination - l’accès à la connaissance de la réalité - pour cesser tout doute et donc toute douleur.


Les Yoga-Sutras revêtent l’aspect d’une énigme à percer pour qui s’y aventure à travers une première lecture. La philosophie hindoue, fonctionnant en spirales de pensées, peut résonner dans un esprit occidental comme un mode de pensée rébarbatif alors qu’en approfondissant le texte, nous nous rendons compte qu’il n’en est rien : ce système nous permet d’acquérir, pas à pas, les clefs nécessaires à la compréhension de ce que dit Patanjali. Le premier livre commence par induire que le Yoga s’enseigne à qui est prêt, disponible : aussi, si je suis disponible à accueillir les pensées du Yoga, cela doit se faire par étape et c’est pourquoi le flux d’information et de détails s’approfondit au fil des chapitres, revenant sur des notions que nous avons lues des pages en amont et qui ont eu le temps de germer en nous au fil des lectures et de nos expériences. Véritable traité de vie intérieure, les Yoga-Sutras enferment en eux l’essence de toute chose et m’ont permis d’acquérir une maturité sur le tapis et dans ma vie de tous les jours. Merci.

 

Merci à Sylvie Tremblay et de tous ses enseignements lors de ma formation à Sangha Yoga, qui ont éclairé mes recherches.


Namaste,

Salomé